Cette semaine a marqué un tournant important dans la bataille juridique en cours entre Disney, Universal Studios et Midjourney, une entreprise spécialisée dans l’IA générative. Dans une récente réponse à la plainte des studios, Midjourney a affirmé que Disney et Universal tentent de « gagner le beurre et l’argent du beurre » concernant l’utilisation des technologies d’IA.

Alors que l’intelligence artificielle continue de s’immiscer dans notre quotidien, les discussions autour de son application à l’art restent à la fois pertinentes et controversées. Ce conflit juridique a débuté en juin, lorsque Disney et Universal ont intenté une action en justice contre Midjourney, accusant la plateforme de violation de droits d’auteur.

Les studios allèguent que Midjourney intègre illégalement la propriété intellectuelle protégée par le droit d’auteur – des franchises bien-aimées telles que Shrek et Moi, moche et méchant aux univers vastes de Star Wars et du Marvel Cinematic Universe (MCU) – lors de la formation de ses modèles d’IA, profitant de la reproduction et de la diffusion de ces actifs.

Défense de Midjourney : une position en faveur d’une utilisation équitable

Logos Disney, Universal et Midjourney
Logos de Disney, Universal et Midjourney

Dans une réponse officielle soumise le 6 août, les représentants légaux de Midjourney ont fait valoir que leur utilisation de ces œuvres protégées par le droit d’auteur relevait des dispositions relatives à l’utilisation équitable. Le cabinet a soutenu que de nombreux utilisateurs de Midjourney possédaient des adresses e-mail professionnelles associées à Disney et Universal, indiquant que les studios bénéficiaient indirectement de la plateforme.

Le document juridique souligne,

Le droit d’auteur ne confère pas un contrôle absolu sur l’utilisation des œuvres protégées. Le monopole limité accordé par le droit d’auteur doit céder la place à l’usage équitable, qui protège les intérêts publics contraires à la libre circulation des idées et de l’information.

L’argument met en évidence la nature transformatrice de la formation à l’IA, affirmant que l’extraction d’informations statistiques à partir de documents protégés par le droit d’auteur pour développer un modèle d’IA génératif représente un exemple classique d’utilisation équitable, soutenu par divers précédents judiciaires.

Allégations d’hypocrisie et d’équité dans l’utilisation de l’IA

Shrek et l'âne
Personnages de la franchise Universal

De plus, l’équipe juridique de Midjourney a souligné que les plaignants continuent de bénéficier du service d’IA. Elle a noté : « Des dizaines d’abonnés à Midjourney sont en effet associés aux adresses e-mail professionnelles des plaignants, et Midjourney est également un outil populaire auprès des sociétés d’effets visuels et autres prestataires employés par les plaignants.»

Dans une récente déclaration publique, le PDG de Disney, Bob Iger, a reconnu l’importance de la technologie dans l’amélioration des efforts artistiques, déclarant :

« La technologie est un outil précieux pour les artistes »

Outre sa défense de l’usage équitable, Midjourney a répondu aux allégations de la plainte initiale concernant une prétendue violation des droits liés à la formation de l’IA. Sa réponse soutient que seule une infime partie des images utilisées lors de la formation pourrait contenir des éléments visuels des films des studios, remettant ainsi en cause le cœur des revendications des plaignants.

« En matière d’équité, les plaignants ne peuvent pas avoir le beurre et l’argent du beurre, en cherchant à tirer profit de leur utilisation de Midjourney et d’autres outils d’IA générative d’une part, tout en accusant Midjourney d’actes répréhensibles pour les mêmes pratiques d’autre part », affirme le document.

Bien que cette réponse ne représente qu’un extrait d’une argumentation juridique exhaustive de 43 pages, elle témoigne de la détermination de Midjourney à contester les allégations et à maintenir sa position. Le cabinet a demandé la tenue d’un procès devant jury afin d’examiner l’ensemble des demandes et des demandes reconventionnelles formulées dans le cadre de cet important engagement juridique.

« Midjourney exige par la présente un procès devant jury sur toutes les réclamations, demandes reconventionnelles, défenses et questions dans cette action, si susceptibles d’être jugées.»

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